ça sent pas la rose

Ceci n'est pas un vrai blog de fille. De toute façon j'ai jamais su faire les bracelets brésiliens.

04 novembre 2007

Ma vie est un clip de MTV

hitmachine

Tic, tac, tic, tac. Elle touche nerveusement sa frange toutes les deux secondes et s’invente à chaque fois quelques mèches rebelles à faire rentrer dans le droit chemin. Ce n’est pas un tic, c’est une tactique. Apprentie star, MP3 à fond, elle fredonne, l’air vaguement inspiré, le dernier tube à paillettes super glossy de Britney, Beyoncé ou Jennifer Lopez. Choisissez, c’est à peu près la même chose. Elle rit aussi, le plus fort possible, tout en jetant un coup d’œil aux alentours pour s’assurer, je suppose, que tous les projecteurs sont bien braqués sur elle. Hélas à 18h30 heure d’hiver, il n’y a guère que les phares des voitures pour faire briller son potentiel de star méchamment sexy. Vacances de Toussaint obligent ? Cette semaine en ville, les starlettes étaient de sortie. Moyenne d’âge : 15-20 ans, au-delà ça devient suspect. Jean taille basse : Ok, fesses bien mises en valeur. Coiffure : impec’, figée à la laque pour la postérité. Hobby : (tenter de) faire de son quotidien un clip de MTV. Tâche pas toujours aisée lorsqu’on est en 3ème B, que sa mère s’appelle Jocelyne et son père Roger, qu’on a un petit frère trop chiant, que sa vie n’est pas toujours mortelle et que lundi il y a interro presque pas surprise en mathématiques.

C’est bien connu, adolescence et glamour ont toujours fait legging à part.

À cet âge fatidique, nombreuses étaient mes camarades complexées qui, de guerre lasse, préféraient se claquemurer dans des tee-shirts taillés à coups de serpe par Chipie, Creeks ou Waïkiki (attention, marques en voie d’extinction). À contrario, la jeune génération semble bien décidée à lutter…. Et ce de plus en plus tôt.

Combien pour ce string Mickey taille 6 ans ? (Vu chez H&M, il y a quelques mois). 4,50 € madame, c’est du dernier chic. Moi, à 15 ans je ressemblais à peu près à ça : à rien. Une non-coiffure, un non-cardigan, des non-chaussures, bref beaucoup de non-sens. Clémente, à l'époque la fashion justice avait conclu à un non-lieu. Les années 80 furent terribles, les années 90 carrément sinistres. 2000, on remet les compteurs à zéro. La classe s’apprend désormais sur les bancs de l’école et se pratique en groupe de manière intensive le mercredi après-midi. « Vieille » personne de 25 ans, j’observe le phénomène. Je suis dépassée, je ne peux plus comprendre, pire, bientôt j’aurai 30 ans et je serai alors rangée d’office dans la catégorie « vrai adulte pas marrant influence ringard » par les moins de 20 ans. J’ai prévenu : le premier qui m’appelle « madame », je le tue. À mains nues. Pendant ce temps-là, les branchés tecktonik assurent le show en pleine rue, en CM2 les petites filles annotent les pages mode des magazines tandis que les 6ème groovent sur du R’n’B bling-bling en plastoc. Plus de place pour l’amateurisme, les stars académiques sont passées par là. Génération sacrifiée sur l’autel du mauvais goût, en 1997 les midinettes hurlaient au son des G-Squad, rêvaient devant leurs posters Worlds Appart, se pâmaient à la vue d’un des pectoraux des 2Be3, portaient sans honte des couettes et des chaussures à plateformes. Aujourd’hui on appelle ça un « fashion faux pas ». Ça craignait, quoi.

Allez silence, ça tourne.


Posté par Rosa Rose à 15:27 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


« Accueil  1